L’Adieu aux abeilles

Alexandre Voisard

"Mais vous rendez-vous compte que votre prose frise la poésie?" Je notai l’expression: friser la poésie.

Maîtres et valets entre deux orages
Ce poète, il me semble que c’est bien lui, Alexandre Voisard, qui pouvait assez naturellement se muer en narrateur distancé, dans la figure de cet écrivain qui tire les ficelles des récits ironiques – Je ne sais pas si vous savez, Un train peut en cacher un autre, Maîtres et valets entre deux orages. C’est un pan très important, trop mal compris peut-être de l’œuvre de Voisard, celui que lui-même qualifie familièrement d’opera buffa. Je ne saurais assez recommander la lecture de ces récits à celui-là même qui pourrait se sentir très éloigné de ce monde, à l’amateur de la poésie de Voisard: au lieu de se laisser arrêter par des différences de ton bien légitimes chez un écrivain fécond et désireux de ne pas trop rabâcher, il fera bien de chercher ce que cette façon prosaïque du dire peut révéler de l’autre, la lyrique.

André Wyss

Alexandre Voisard, L'Adieu aux abeilles, Orbe, Bernard Campiche, 2003.

Critique du livre et entretien avec l'auteur

von Yves-André Donzé (Le Quotidien Jurassien) et Catherine Favre (Le Journal du Jura)

Publiziert am 25/11/2003

Cf. Fables des orées et des rues.